La crise des carburants menace l’Union européenne, avec des risques d’augmentation des prix du diesel jusqu’en 2027. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) avertit que cette tendance s’aggrave, en raison d’un déclin des capacités de raffinage sur le continent. Depuis une quinzaine d’années, ces capacités ont diminué, laissant l’UE vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux.

Les raffineries européennes, qui représentent moins de 30 % de la capacité mondiale, sont en déclin. Cette situation s’explique par une baisse de l’investissement dans le secteur, un vieillissement des infrastructures et une baisse de la production locale. En conséquence, l’Europe dépend davantage des importations, ce qui la rend sensible aux perturbations géopolitiques et aux hausses des prix internationaux.

Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de tensions économiques. La France, qui affiche un taux d’emprunt à 10 ans de 4,9 %, le plus élevé d’Europe, cherche à obtenir des aides financières de l’UE. En parallèle, les deux pays, la France et l’Allemagne, ont conclu un accord pour alléger les objectifs climatiques de l’UE en 2035, afin de protéger l’industrie automobile. Cet accord montre les difficultés des États membres à concilier ambitions environnementales et préservation des emplois.

La vulnérabilité des capacités de raffinage en Europe a des répercussions directes sur la sécurité énergétique et les coûts de transport. Les autorités européennes doivent donc repenser leur stratégie pour renforcer l’autosuffisance et stabiliser les prix.