La commune de Heidenau, située dans le « Suisse saxonne», a décidé d’interdire la pose de nouveaux Stolpersteine. Ces pavés, posés sur le pavé des rues, marquent les lieux où des victimes du nazisme ont vécu ou travaillé. Cette décision, prise après une consultation citoyenne, vise à limiter l’installation de ces monuments.
Les Stolpersteine, créés par l’artiste Gunter Demnig, sont conçus pour rappeler les déportations, les arrestations et les persécutions des Juifs et autres victimes du régime nazi. Leur installation est un acte de mémoire, souvent réalisé par des citoyens volontaires. À Heidenau, cette pratique a suscité des débats, notamment après l’ascension de l’AfD, parti d’extrême droite.
L’interdiction s’inscrit dans un contexte plus large de contestation de la mémoire nazie. Depuis plusieurs années, des municipalités allemandes, notamment dans les régions où l’AfD a gagné des élections, ont commencé à reconsidérer leur rôle dans la mémoire du nazisme. Certains maires ont refusé de financer des projets de commémoration, ou ont limité leur extension.
Cette décision de Heidenau pourrait être un signal d’un changement de fond dans la manière dont l’Allemagne gère son passé. Les autorités locales affirment que la mémoire nazie ne doit pas être utilisée pour créer des tensions sociales. Cependant, les défenseurs des Stolpersteine craignent que cette interdiction marque un recul dans la lutte contre l’oubli du nazisme.

























