Les opérations hybrides, qui incluent des sabotages, des perturbations, des manipulations et des désinformations, sont de plus en plus fréquentes et puissantes, selon Jean-Marc Rickli, du Centre de politique de sécurité (GCSP) de Genève. Ces formes de conflit, qui ne sont pas nouvelles, ont gagné en intensité avec la démocratisation des technologies numériques. L’Europe, en particulier, est devenue une cible privilégiée pour ces actions.
Le spécialiste souligne que ces attaques, souvent difficiles à détecter et à attribuer, mettent en péril la stabilité politique et sécuritaire de la région. Les outils numériques, plus accessibles et puissants, permettent à des acteurs divers de perturber les institutions, les réseaux d’information et les processus démocratiques. Les frontières entre guerre conventionnelle et opérations hybrides se brouillent, rendant la réponse des États plus complexe.
Les attaques hybrides ont déjà eu des conséquences concrètes, notamment dans le domaine de la sécurité nationale et de la gouvernance. Des cas de cyberattaques, de disinformation massive et de sabotage physique ont été rapportés dans plusieurs pays européens. Ces actions, souvent attribuées à des acteurs non étatiques ou à des groupes transnationaux, mettent en évidence une vulnérabilité croissante de l’Union européenne.
L’Europe, malgré ses efforts pour renforcer sa défense collective, reste confrontée à un défi nouveau. La montée des opérations hybrides exige une réponse adaptée, combinant renforcement technologique, coopération internationale et éducation du public. La question qui se pose est désormais: jusqu’à quand l’Europe restera-t-elle une cible de choix pour ces formes de conflit?



























